LES JEUNES ET LA PRATIQUE SPORTIVE
TABLE RONDE ORGANISEE LE 18 MAI 2000 PAR LA FONDATION SUNNY DELIGHT POUR LE SPORT
Présidée par Véronique Rousseau Ancienne Internationale de Judo Professeur de SportDiététicienne à l'INSEP Extrait des interventions

Quel sport pour quel enfant ? La dimension médicale du sport Par le Docteur Michel Binder Pédiatre, médecin du sport de l'enfant et de l'adolescent à la Fédération Française de Gymnastique

A partir de 2 ans, l'enfant peut bénéficier de ce que l'on appelle l'éveil corporel. Il s'agit de la prise en charge des enfants dans le cadre du " baby-sport " entre deux et six ans. Un accompagnement psychomoteur permet de donner à l'enfant la possibilité d'extérioriser sa motricité naturelle. Par ailleurs, une stimulation psychomotrice consiste à le confronter à un certain nombre de difficultés qu'il doit résoudre pour pouvoir développer progressivement son schéma corporel, c'est-à-dire les bases de sa condition physique. A l'âge de 7 ans, l'éveil laisse la place à une véritable activité sportive. L'enfant peut alors pratiquer tous les sports, hormis la musculation. On peut noter deux périodes critiques. La première se situe à l'âge de 6 ou 7 ans lorsque se mettent en place les bases de la condition physique : l'équilibre, la coordination, la latéralisation, l'anticipation, le positionnement du corps dans le temps et dans l'espace. La deuxième période critique s'ouvre à l'adolescence. A ce moment-là, l'enfant se place en opposition par rapport à ses parents et son entraîneur. Son geste sportif est par ailleurs perturbé en raison de la forte poussée de croissance qui survient. On constate alors un taux d'abandon de l'activité sportive très important. [& ] Certains enfants ne pratiquent pas de sport en raison de divers problèmes. Il est pourtant nécessaire qu'ils en fassent : il existe toujours un sport adapté à l'enfant. L'activité sportive est indispensable pour dynamiser l'enfant et le faire sortir du ghetto des pseudos handicapés du sport. Certaines contre-indications, comme les scolioses ou les légers souffles au cSur, ne sont pas justifiées. Même les enfants qui ont des problèmes de santé peuvent faire du sport : dans de nombreux cas, il s'agit d'un facteur thérapeutique à ne pas négliger.
Pratique sportive juvénile et alimentation La dimension nutritionnelle du sport Par le Docteur Martine Gaillard Pédiatre, anesthésiste-réanimateur à l'hôpital de Nanterre

Les apports hydriques sont souvent négligés et inférieurs aux recommandations. L'adolescent sportif subit en effet des pertes exceptionnelles dues à une transpiration importante. Il est toutefois difficile de l'obliger à boire parce que l'on se heurte à différents problèmes, comme celui de ne pas savoir où uriner. Un enfant de 5 ans a besoin de 75 ml d'eau par kilogramme. S'il pèse 20 kg, il doit donc boire 1,5 litre d'eau. A 14 ans, il a besoin de 55 ml d'eau par kilo, soit 2 à 2,5 litres d'eau s'il pèse entre 40 et 50 kg. Ces chiffres correspondent aux besoins de base, en dehors de toute activité sportive. Ils sont pourtant loin d'être atteints en pratique.