Sport, particularités physiques et contre-indications abusives
Par le Dr Stéphane Cascua, médecin du sport, Véronique Rousseau, diététicienne, et Olivier Aksa, éducateur sportif
Le surpoids et l'obésité
La règle d'or consiste à promouvoir une pratique sportive ludique, progressive et régulière associée à une alimentation équilibrée, source de plaisir et de convivialité. L'indice de masse corporelle (IMC = poids en kilogrammes/Taille² en mètres) varie tout au long de la croissance. Le diagnostic d'obésité impose l'utilisation des courbes d'IMC en fonction de l'âge que l'on retrouve dans les carnets de santé depuis 1995. L'enfant est considéré comme obèse lorsque son IMC se situe dans la zone verte, au-dessus de la courbe marquée 97%.
Bouger est le meilleur rempart contre le surpoids. L'insuffisance de dépenses énergétiques comparées aux apports caloriques reste l'une des causes majeures de la prise de poids. Une étude réalisée en Grande-Bretagne montre que le taux d'obésité a progressé parallèlement à l'équipement de confort des foyers (automobile, télévision, informatique, etc.), alors que l'apport calorique moyen est resté relativement stable.

Il est indispensable d'autoriser de nombreux sports à l'enfant victime de surpoids.
Ce dernier ne doit pas être mis à l'écart. Autant que possible, l'éducateur l'intègre à toutes les activités prévues pour le groupe. Cependant, il lui propose des objectifs accessibles. Il l'encourage à chaque étape de sa progression. Il prend en considération les contraintes imposées aux articulations et au squelette par le poids et l'inertie. Il tient compte des perturbations de la coordination dues au déséquilibre entre la masse musculaire active et le tissu adipeux inanimé. Il intègre le manque d'amplitude articulaire provoqué par le contact précoce entre des segments de membres particulièrement volumineux. Il tente de limiter l'accroissement de la température corporelle de son élève dont l'épais panicule adipeux altère la thermorégulation. Les disciplines avec accélérations, freinages, bondissements et brusques changements de direction doivent être limitées. La course, les sports collectifs ou de raquettes sont à pratiquer avec modération, mais ne doivent pas être totalement exclus car ils sont ludiques et favorisent l'intégration. Les sports en décharges partielles ou totales sont préférables et les activités où les mouvements sont programmés et cycliques doivent être privilégiées. Enfin, les disciplines d'endurance sont particulièrement bénéfiques car elles provoquent une importante dépense calorique et favorisent la consommation des graisses de réserve.

Ainsi, la natation, l'aquagym, le vélo sur le plat ou même la randonnée pédestre en plaine sont les activités idéales. Le cardiotraining dans une salle bien ventilée se montre aussi bien adapté. Dès l'adolescence, la musculation du buste et des bras peut être envisagée car l'accroissement de la masse musculaire augmente la consommation énergétique de repos. Pour éviter l'hyperthermie, il est impératif de proposer une bonne hydratation. Les boissons de l'effort légèrement sucrées sont même conseillées lorsque celui-ci dure plus d'une heure. Dans ces conditions, elles permettent la poursuite de l'activité avec plus d'aisance et limitent le " rebond d'appétit " à l'arrêt de l'entraînement.

La scoliose et la déviation scoliotique
En cas de scoliose, la colonne vertébrale s'incline, bascule et tourne comme une spirale. Au contraire, l'attitude scoliotique n'est qu'une déviation latérale. Cette dernière n'impose aucun traitement. Elle autorise tous les sports, notamment lorsqu'elle compense une inégalité de longueur des membres inférieurs de moins de 1,5 centimètre. En revanche, la scoliose mérite une surveillance annuelle ou biannuelle, surtout en période pubertaire. Lorsqu'elle est inférieure à 13°, le sport constitue l'unique thérapeutique. Il ne faut pas cantonner l'enfant à la natation et aux sports d'extension, comme le basket ou le volley. Même les disciplines en rotation comme le tennis se sont révélées bénéfiques. Seul le judo est à pratiquer avec modération car il provoque des chutes et impose de porter ses adversaires de façon asymétrique. Lorsque la scoliose se situe entre 13 et 25°, le sport s'associe à une rééducation ciblée. Ces deux activités physiques permettent de conserver une bonne souplesse de la colonne et du thorax, renforcent et améliorent la coordination des muscles longeant les vertèbres. L'éducateur sportif prend soin d'intégrer à sa séance quelques exercices spécifiques tout en évitant les douleurs au voisinage des vertèbres. Malheureusement, l'exercice physique n'a pas la prétention de limiter l'évolution de la scoliose. En cas d'aggravation rapide ou d'angulation supérieure à 25°, un avis spécialisé est indispensable car le port d'un corset est envisageable. Ce dernier pourra être enlevé au cours des pratiques sportives de loisirs qui restent salutaires.


Suite de la lettre d'information